En politique, les dieux sont rarement crucifiés

samedi 1 septembre 2012

Quatre ans après l'Islande renoue avec la croissance et est félicitée par le FMI


L’économiste chargé de l’Islande au FMI admet que les insulaires ont fait le bon choix en refusant d’appliquer les cures d’austérité habituellement prescrites par les équipes de Christine Lagarde…

Tout sauf l’austérité

« L’Islande a fait des progrès considérables depuis la crise. Nous avons des perspectives très positives en matière de croissance, particulièrement pour cette année et l’année prochaine puisqu’elle nous paraît reposer sur une base large et solide. »

Une croissance estimée à 2,4% pour cette année, une consolidation fiscale sans grosses douleurs, une récession uniquement sur le taux de chômage, la paix sociale revenue dans les ménages et dans les entreprises quatre ans après le grand gadin. On ne saurait mieux dire.

Même si, remarque Bakhchich, l’éminente représentante du FMI omet prudemment de rappeler le bras d’honneur des Islandais aux banksters de la City à propos du remboursement de leurs dettes. Et leur mépris souverain pour les conseils de Miss Lagarde en matière d’austérité.

Les Européens en leurs petits souliers

Mais alors, direz-vous, qu’attendent les Européens de la zone euro, qu’attendent la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal... ? Euh, hum, teuf, teuf, Barroso, Hollande, Merkel, pourquoi vous toussez ?

Ce qui distingue les dirigeants européens des Islandais, c’est que les premiers ont encore un sacré caillou dans la chaussure : eux sont encore pieds et mains et bourses liés aux banksters que les Islandais ont su dompter.

Pire encore, leur pouvoir et leur existence en dépend. Qui finance les structures politiques que sont les partis ? Qui finance les campagnes électorales ? Qui jusqu’à présent a miraculeusement échappé à l’austérité grecque ? Les policiers, l’armée... et les députés !

Voilà pourquoi un Hollande abandonne sitôt élu ses quelques pauvres promesses électorales pour prêter allégeance au système des banksters et tenter de lui sauver la mise en priorité.

Voilà pourquoi les apôtres des banksters s’accrochent à une monnaie européenne unique en charpie et menacent des pires calamités qui voudraient revenir à des monnaies nationales. Des dépréciations vertigineuses, des plongées terrifiantes en enfer social...

Et la volonté populaire là-dedans ?

Tiens donc, comme c’est bizarre, le miracle islandais, souligné par le FMI soi-même, est venu, lui, après une dépréciation de 80% de la couronne locale. Comme le souligne Bakchich, allez vous étonner ensuite que 39 des 63 députés islandais traînent aujourd’hui des pieds pour rejoindre l’Union européenne.

Ce qui caractérise le miracle islandais, c’est qu’il émane d’une volonté populaire exprimée lors de deux référendums en forme de torgnoles aux fameux banksters. On mesure mieux l’obstination des gardes-chiourmes de l’UE à déposséder leurs concitoyens de ce moyen d’expression (une pastille contre la toux, M. Hollande ?).

Tant que des majorités populaires grecques continueront à réélire des représentants qui les plument, tant que des majorités électorales françaises continueront à alterner blanc bonnet et bonnet blanc en croyant bêtement faire œuvre « utile », eh bien alea jacta est, elles subiront les éruptions volcaniques qu’elles méritent.

Quand l’Islande reçoit les félicitations du FMI « Les Brindherbes Engagés

Le FMI félicite l’Islande pour son bras d’honneur aux banquiers | Bakchich

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